Partager l'article ! Rentrée = Comptage!: Ouest-France&nbs ...
8 h 30. École primaire publique. Le temps est frisquet, mais l'ambiance est chaude. L'inspecteur de la circonscription de Mortain, Jacques Renard, est venu opérer un comptage des élèves présents, le groupe scolaire Louis-Pinson ayant sollicité l'ouverture d'une 7 e classe depuis mars 2010. C'est à l'extérieur, dans la cour de récréation, qu'il va procéder, en présence des parents venus très nombreux.
« J'ai dénombré 161 enfants présents sur 164 inscrits, précise-t-il. Je suis là dans le cadre d'une ouverture conditionnelle, et dans ce cas, la procédure veut que l'on reste sur le schéma de l'année précédente, à savoir l'existence des 6 classes de 2010-2011. Je transmettrai mes relevés à la Commission technique paritaire (CTP) qui se réunit mardi 6 septembre, et c'est la Commission administrative paritaire départementale (CAPD) du jeudi 8 qui prendra la décision définitive. Je rappelle que le seuil d'ouverture, fixé ici à 156, n'est qu'indicatif. La CAPD jugera en fonction du nombre de postes encore disponibles. Les affectations iront prioritairement aux établissements qui connaissent une augmentation régulière du nombre de leurs élèves, et dont les effectifs présents se rapprochent au plus près des inscriptions. À Brécey, on est à moins trois par rapport aux inscrits. »
Colère de la directrice Catherine Debon : « Les enfants vont perdre une semaine réelle d'enseignement, alors qu'on avait fait connaître à qui de droit notre certitude d'être au-dessus du seuil depuis le mois de mars. En attendant le verdict, on en fait quoi ? »
Colère également des parents d'élèves, relayée par Sonia Dubreuil, la présidente de l'association de parents d'élèves : « L'inspecteur parle de faire remonter des données. Est-ce ainsi qu'on peut parler des enfants ? Cette gestion purement comptable est devenue absolument irrespirable. Si l'on ne nous entend pas, nous n'allons pas en rester là ! »
La maîtresse des petits nouveaux s'inquiète : « Les CP craquent. Ils commencent à pleurer. »
Dès l'après-midi, les parents d'élèves ont réagi, organisant une manifestation pour montrer leur détermination. Sur une banderole, on pouvait lire : « 156 élèves = ouverture d'une classe. Aujourd'hui, 162 = ? » Quant aux enfants, ils portaient autour du cou une affiche sur laquelle était inscrit un numéro, allant de 1 à... 162, ou encore : « Je ne suis pas qu'une donnée. »